La prévention de l’itinérance à l’ordre du jour des élections

Le Collectif québécois pour la prévention de l’itinérance (CQPI) a participé jeudi 10 septembre 2026 à l’Échange électoral sur l’itinérance organisé par le Réseau d’aide pour les personnes seules et itinérantes de Montréal (RAPSIM) et le Mouvement pour mettre fin à l’itinérance à Montréal (MMFIM). Cet événement a rassemblé quatre des cinq formations politiques en lice pour les élections provinciales et a permis d’entendre leur programme et leurs idées en matière d’itinérance.

Pour l’occasion, Roxane Milot de Québec Solidaire (QS), Gabriel Pallota du Parti québécois (PQ), James Hughes du Parti libéral du Québec (PLQ) et Chantal Rouleau, actuelle ministre responsable de la Solidarité sociale et de l'Action communautaire et candidate pour Coalition avenir Québec (CAQ), étaient présents.

Plusieurs membres et représentants d’organismes communautaires étaient également présents pour questionner chaque candidat politique sur les différents dossiers propres à l’enjeu de l’itinérance, notamment l’itinérance chez les jeunes, la réduction des méfaits et la santé mentale, l’imputabilité des décideurs publics, l’itinérance cachée, le financement prévu pour les organismes communautaires et la collaboration avec les membres des Premières Nations.

La prévention de l’itinérance à l’agenda politique

Art Campbell, DG du CQPI, prend la parole lors de l'Échange électoral (Crédit : André Querry)

Art Campbell, DG du CQPI, prend la parole lors de l'Échange électoral sur l’itinérance. (Crédit : André Querry)

Art Campbell, directeur général du CQPI, a quant à lui, ouvert la discussion sur la question de la prévention de l’itinérance. Sur ce volet, plusieurs promesses ont été lancées, à l’instar du PLQ qui souhaite construire 40 000 logements sociaux dans les 5 prochaines années. “Le marché locatif privé est dysfonctionnel : 10 % d’augmentation des loyers sur 7 ans, ce n’est pas acceptable. C’est cela qui mène la crise du logement à une crise de l’itinérance”, déplore M. Hughes, qui a dû quitter ses fonctions de PDG de la Mission Old Brewery pour se présenter aux élections provinciales sous la bannière des libéraux.

La CAQ met l’accent sur les Programmes de soutien au logement (PSL), “qui permet aux familles de conserver leur logement, car il faut éviter que les gens quittent leur logement”, a lancé la ministre Rouleau. Elle a également annoncé l’ajout de 100 millions de dollars de PSL et la création des “PSL-Prévention” pour les personnes qui sont particulièrement à risque de perdre leur logement, qu’elles soient bien suivies et accompagnées.

“Un de nos leviers principaux pour prévenir l’itinérance est certainement la baisse du coût des loyers. C’est beau les PSL, mais ça ne baisse pas les loyers qui s’élèvent à 1 500 dollars”, a rétorqué Mme Milot lors de son tour de parole. La candidate de QS a réitéré plusieurs promesses, notamment celles de rénover 25 000 logements sociaux et d’en construire 25 000 de nouveaux ainsi que d’adopter un gel des loyers à l’inflation et un contrôle des prix des loyers.

Enfin, sans donner plus de détails, le PQ souhaite remettre sur pied et moderniser le programme Accès Logis en plus d’être en faveur d’une aide au revenu.

De gauche à droite : Art Campbell, Directeur du CQPI, Stacy Boucher-Anthony, Directrice générale chez Projets Autochtones du Québec (PAQ), Sonia Côté, Présidente directrice générale de Le Chaînon, Michel Chappaz, Directrice générale du MMFIM, Sandhia Vadlamudy, Directrice générale à l'Association des intervenants en dépendance du Québec (AIDQ), Annie Savage, Directrice générale du RAPSIM et Julien D.-Pelletier, Commissaire à la Ville de Montréal - Personnes en situation d’itinérance (Crédit : André Querry)

La rediffusion de l’échange est disponible sur la chaîne YouTube du MMFIM : https://www.youtube.com/watch?v=wAXVIyZdWwc

Appel à “un nouveau contrat social”

Plus tôt dans la même journée, Louis Audet, président du conseil d'administration de la Mission Old Brewery et de Cogeco, a réclamé “une loi” et un “nouveau contrat social” en matière d’itinérance, lors d’un événement sur le sujet organisé par la Chambre de commerce du Montréal métropolitain.

De gauche à droite : Louis Audet, président du conseil d'administration de la Mission Old Brewery et de Cogeco, Pauline Marois, ancienne Première ministre du Québec, Soraya Matinez, mairesse de la Ville de Montréal et  Isabelle Dessureault, CEO CCMM

De gauche à droite : Louis Audet, président du conseil d'administration de la Mission Old Brewery et de Cogeco, Pauline Marois, ancienne Première ministre du Québec, Soraya Matinez, mairesse de la Ville de Montréal et Isabelle Dessureault, Présidente et cheffe de la direction de la CCMM. (Crédit : Olivier Samson Arcand / Annie Paquin)

Selon M. Audet, la philanthropie et le financement privé, non seulement ne suffisent plus à endiguer le phénomène de l’itinérance, mais sont aussi insuffisants pour réduire durablement le nombre d’entrées dans la rue. C’est pour cette raison qu’il a mentionné à plusieurs reprises lors de sa tribune, mais également dans une lettre ouverte publiée mardi dernier dans La Presse, la mission du CQPI et les recommandations issues de sa réforme juridique pour prévenir les causes structurelles et systémiques de l’itinérance.

“La philanthropie n’est plus capable de supporter la situation de l’itinérance présentement, a lancé M. Audet sur les ondes du 98.5 le 11 septembre dernier. Le problème est devenu trop gros et il déborde largement la capacité du privé et du citoyen, car les sommes requises sont trop grandes”.

Les efforts de la Mission Old Brewery et des autres OBNL en itinérance sont admirables, mais largement insuffisants. Seulement à Montréal, j’estime qu’il nous faut construire 5000 logements qui coûtent environ 200 000 $ chacun, explique-t-il dans sa lettre ouverte.

M. Audet lance ainsi un appel à l’action clair au gouvernement du Québec : une loi doit être votée pour inclure les besoins financiers de l’itinérance dans les budgets provinciaux futurs.

Mme Soraya Martinez, la mairesse de la Ville de Montréal et Pauline Marois, ancienne Première ministre du Québec qui plaide pour la création d’un Sommet de l’itinérance en 2027 ainsi que divers leaders et acteurs du communautaire étaient présents pour l’occasion.

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